Inventaire mycologique de la carrière des Vaux (61)

Classé dans : Fonge (champignons) | 0

Classée Réserve Naturelle Régionale en 2009, la carrière des Vaux est un site géologique de première importance au sein du Parc naturel régional Normandie-Maine (PNRNM). A ce titre, plusieurs études faunistiques, floristiques et en partie mycologique avec l’inventaire des lichens ont été menées sur ce site. Mais la plus grande partie de la biodiversité fongique, représentée par ce qu’on appelle vulgairement ‘les champignons’ ou plus scientifiquement ‘les macromycètes’, était inconnue avant que le PNRNM m’engage en 2017 pour effectuer une étude mycologique approfondie de la réserve.

Localisation du site en France, dans l’Orne et sur la commune de Saint-Hilaire-la-Gérard :

Située au lieu dit ‘Les Vaux’, la réserve est principalement constituée d’une ancienne carrière et d’un bois de feuillus. L’ancienne carrière est géologiquement composée d’une alternance de grès et de schistes ainsi que d’un affleurement de calcaire. Le bois de feuillus est d’origine spontanée, en position topographique haute il évolue naturellement depuis l’abandon du site.

Vue aérienne du site et ses contours (extrait Google Earth Pro) :

La réserve d’environ 37 ares présente sur sa partie la plus à l’ouest une ancienne carrière d’un grand intérêt géologique. Son calcaire ordovicien des Vaux et plus précisément la présence de micro-fossiles de conodontes lui confère le statut de site d’intérêt géologique d’ordre européen et national. Cet ancien site d’extraction baigne de nos jours dans une ambiance fraîche issue de l’ombre projetée par la strate arborée et des petits écoulements temporaires liés aux précipitations. Le biotope est très minéral, des blocs de rochers sont alignés depuis l’entrée de la carrière qui est aussi l’entrée principale de la réserve jusqu’au fond de la carrière plus humide. Dans cette partie de la réserve l’habitat est de type ‘Frênaie-érablaie’ : il se caractérise par des essences de lumière, de dimensions variables tel que le frêne commun, l’érable champêtre, le noisetier, le prunellier, l’aubépine et le sureau. Sous ce couvert arborescent la strate herbacée se limite alors à quelques espèces végétales (scolopendre, lierre, clématite, géranium, ortie et gaillet).

A l’est de l’ancienne carrière, un bois de type ‘ Frênaie-chênaie-ormaie ‘ s’étend sur les trois quarts de la superficie du site. Le boisement est jeune (45 ans environ) car l’historique du site dévoilé par photo interprétation montre un sol non recouvert de végétation et la présence de haies périphériques en 1958. Cependant le milieu présente aussi beaucoup de bois mort qui de part leur diversité et leur positionnement offrent de nombreux micro-habitats pour l’entomofaune saproxylophage, les animaux cavernicoles et les champignons.

Voici un plan pour mieux visualiser les habitats :

L’étude révèle qu’avec des espèces rares ou menacées au niveau national, l’importance de la réserve du point de vue de la flore mycologique se justifie pleinement. La diversité fongique répertoriée est de 188 espèces, ce qui est beaucoup pour un si petit site et ce nombre est loin d’être exhaustif, en effet le climat aride qui s’est imposé sur la réserve au printemps et le déficit pluviométrique qui s’est prolongé jusqu’au début de l’hiver n’ont pas favorisé la fructification des champignons.

C’est principalement au centre de l’ancienne carrière que le plus grand nombre de champignons a été observé. On y trouve une forte représentation des Lepiotaceae, avec des taxons rares, dénotant le contexte rudéral de la Frênaie-érablaie. À cet endroit de la réserve, les éboulis et les milieux mésohygrophiles forment des biotopes fragiles et patrimoniaux qui abritent de nombreuses espèces dont trois déterminantes des ourlets forestiers mésotrophes en taillis, rappellant la présence de la forêt d’Écouves située à quelques kilomètres.

Dans le bois de type ‘frênaie-chênaie-ormaie’ les inventaires révèlent surtout la présence de champignons lignicoles. Les espèces ectomycorhiziennes sont peu représentées mais la richesse spécifique des aphyllophorales laisse toutefois entrevoir à elle seule une grande diversité.

Voici quelques espèces photographiées sur le site :

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