Les entolomes de la Manche

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Pour commencer cette nouvelle saison mycologique, je vous présente les entolomes.

Ces champignons communs sont peu connus du grand public car la plupart des espèces sont difficilement identifiables sur le terrain. Même le genre est parfois ardu à déterminer à l’œil nu; avec un peu d’habitude on fini tout de même par s’habituer aux différentes silhouettes, aux couleurs, aux odeurs et aux textures de ces champignons mais pour le débutant seuls la couleur rose des lames couplée avec l’absence d’un anneau sur le stipe peuvent mettre sur la bonne piste.

D’une manière générale les entolomes ont aussi en commun un chapeau dont la marge est plus ou moins enroulée vers l’intérieure d’où l’origine latine du nom entolome : ento voulant dire ‘à’ ou ‘vers’ l’intérieur et loma signifiant frange ou bordure.

Malgré tous ces détails macroscopiques l’identification certaine d’une espèce passe par l’observation microscopique de la cuticule du chapeau (surface externe), du pieds et des lames où se trouvent différents éléments tels que les spores de forme anguleuses polygonales.

 

Voici une présentation photo des espèces de la Manche appartenant aux différents groupes du genre Entoloma :

Certaines photos présentent parfois la même espèce afin de mettre en évidence la variabilité morphologique.

Sous-genre Entoloma

Caractères macroscopiques : silhouette plutôt tricholomoïde. Revêtement glabre ou un peu fibrilleux. Lames adnées échancrées. Stipe fibrillo-strié ou lisse.

 

Sous-genre Nolanea

Caractères macroscopiques : silhouette normalement mycénoïde, rarement collybioïdes: chapeau campanulé, souvent mamelonné papillé, hygrophane, marge striée. Lames ventrues ascendantes parfois sublibres. Stipe élancé.

 

Sous-genre Inocephalus

Caractères macroscopiques : silhouette mycénoïde. Chapeau conique à campanulé mamelonné, fibrillo-tomenteux.

 

Sous-genre Trichopilus

Caractères macroscopiques : Silhouette tricholomoïde. Chapeau conique mamelonné, fibrillo-pelucheux.

 

Sous-genre Alboleptonia

Caractères macroscopiques : silhouette collybio-omphaloïde. Couleur blanche à jaunâtre et revêtement soyeux.

 

Sous-genre Leptonia

Caractères macroscopiques : silhouette le plus souvent collybioïde. Chapeau fibrilleux à squamuleux.

 

Certaines espèces sont uniquement printanière alors que d’autres apparaissent vers la fin de l’été et en automne.

Le peu d’espèces comestibles et la difficulté d’identification des entolomes n’attirent pas les mycophages. Cependant lors d’une cueillette, ces champignons aux allures changeantes peuvent être confondus ou bien même mélangés par inadvertance aux champignons comestibles. C’est d’ailleurs pour ces raisons que l’entolome livide Entoloma sinuatum détient aux côtés de l’amanite phalloïde Amaita phalloides le triste record du plus grand nombre d’intoxications répertoriées en France.

En revanche d’un point de vue écologique, les entolomes occupent une place particulière. Outre le rôle bénéfique évident qu’ils effectuent pour le sol et les arbres grâce à leur régimes alimentaire saprophyte ou parfois mycorhizien selon les espèces, ce sont aussi de véritables bio-indicateurs, c’est à dire qu’ils ne se développent pas partout, ils ne sont pas ubiquistes, mais choisissent des milieux naturels conforment à leurs exigences. On trouve ainsi principalement les entolomes des prairies qui préfèrent les sols pauvres et non-cultivés, les entolomes des milieux humides tels que les tourbières, les entolomes des milieux forestiers et ceux qui se développent sur le bois pourrissant. Le nombre d’espèces observées permet de se faire une idée sur la richesse et l’intérêt patrimonial d’un de ces écosystèmes.

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