Dans le règne fongique, la reproduction des champignons n’est pas uniquement sexuée. Elle peut aussi être végétative (ou asexuée) et se déroule alors par l’intermédiaire de conidies (des spores asexuées), issues par exemple de la fragmentation ou du bourgeonnement des hyphes. C’est le cas des moisissures, qui utilisent cette forme de clonage pour se répandre rapidement. On nomme cette phase de reproduction « anamorphe », en opposition au stade « téléomorphe » (sexué), dont la plupart des moisissures sont également dotées. L’essentiel des formes téléomorphes qui leur sont associées font partie des Ascomycètes. Je ne traiterai pas ou peu de ces espèces dans ce sujet, car je n’étudie pas spécifiquement les moisissures. Par contre il existe d’autres champignons qui au stade anamorphe et/ou téléomorphe attirent davantage mon attention. Je trouve leur silhouette, leur couleur et/ou leur texture souvent plus définies, plus attrayantes et donc plus facilement mémorisables et identifiables sur le terrain.
Voici ci-dessous quelques anamorphes que j’ai pu observer et surtout identifier jusqu’ici. Des précisions sont apportées directement sur les photos lorsque sur certaines d’entre elles le stade téléomorphe est aussi présent.
Théoriquement, pour chaque forme anamorphe existante, il existe ou il a existé un équivalent téléomorphe sur Terre. Théoriquement, car pour le moment ils ne sont pas tous connus. En effet, certaines espèces ont totalement perdu leur sexualité au cours de l’évolution et sont devenues des clones permanents, tandis que d’autres téléomorphes restent simplement cachés dans la nature. Mais il faut toutefois être prudent : ces dernières années, la génomique a révélé que beaucoup de champignons que l’on pensait être des clones permanents cachent en réalité une sexualité cryptique, très rare, se produisant une fois tous les 10 000 ans ou uniquement dans des conditions écologiques extrêmes non reproduites en laboratoire. Lorsque les deux stades sont connus, le nom unique donné à l’espèce correspond alors soit au nom du téléomorphe, soit à celui de l’anamorphe. Depuis la réforme de 2011 du Code international de nomenclature (règle du « un champignon, un nom »), on n’accorde plus une priorité systématique au stade sexué : le nom officiel retenu est désormais le plus ancien ou le plus couramment utilisé historiquement.












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